DECLARATION AU CE DU 5 JUIN 2014

Il n’y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre…

Monsieur le Président,

Notre précédente déclaration relative à l’évolution du nombre de salariés au sein de TDF vous a laissé sans voix, à moins que vous ne nous ayez pas entendu…

Il n’y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre…

Et pourtant, entre le 01/01/2014 et le 31/03/2014, les effectifs se sont allégés de 48,5 ETP. Le budget prévisionnel 2014-2015 que nous examinerons ce jour en séance fait apparaître une baisse des charges de personnel de -7% par suppression de 41 ETP de mars 2014 à mars 2015, soit un effectif moyen d’une année sur l’autre en baisse de 93. Nous devrions ainsi passer dans quelques mois sous la barre symbolique des 1600. Dans le même temps, l’Ebitda de TDF ne manquera pas, lui et une nouvelle fois de plus, de progresser et de dépasser largement les 50% de nos revenus.

 DECLARATION 5 JUIN 2014

La sauvegarde des emplois de TDF a constitué un thème majeur de notre profession de foi dans le cadre des dernières élections professionnelles et constitue une préoccupation forte de l’ensemble des salariés.

Nous sommes toujours favorables à la négociation d’un accord de GPEC (Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences) digne de ce nom, sous réserve de privilégier au maximum le reclassement en interne à TDF pour les métiers en déclin. Nous n’excluons pas le recours à la mobilité externe, mais suivant des modalités plus attractives et un périmètre qui doit être défini et quantifié sur les trois années à venir. Une vraie GPEC est avant tout un outil d’anticipation qui peut, si l’on en fait un bon usage, concilier besoins de performance de l’entreprise et aspirations des salariés.

Elle a en effet comme principaux objectifs : l’emploi pérenne dans l’entreprise, l’employabilité toujours plus grande des salariés dans et hors l’entreprise, la recherche permanente de solutions alternatives au licenciement en tenant compte de l’environnement socio-économique et technologique.

Nombre de salariés ou syndicats considèrent la GPEC comme suspecte, voire dangereuse : ils l’associent aux licenciements provoqués par des processus accélérés de restructuration et de mobilité subie. Pour eux, elle n’est rien d’autre qu’un moyen habile offert à l’employeur de licencier sans trop de dégâts. La CGC se veut donc offensive et constructive en la matière et souhaite donner aux salariés les moyens de construire leur parcours professionnel et ainsi d’éviter les mobilités subies et les licenciements « négociés » voire « forcés ».

En préalable à la Négociation sur la qualité de vie au travail

Nous croyons à la coopération entre salariés, au travail collectif réussi, à l’entente entre les individus qui permet la création de ce collectif. Nous croyons que réussir un travail commun, c’est le bonheur de tous y compris celui de l’entreprise.

Or, aujourd’hui, tous les salariés sont très contrôlés, spécificité à la française à laquelle TDF ne déroge pas. Ce système passe par les ordinateurs, les téléphones, les tableaux de bord que notre manager de proximité nous impose de remplir. On multiplie les « points de passage obligés » et on y passe beaucoup de temps et de stress.

Le manager de proximité est devenu un manager gestionnaire. Il est choisi pour être un spécialiste des tableaux de suivi, mais il n’est plus choisi pour la connaissance des métiers de ses subordonnés.

Lors de L’EAD, il fixe des objectifs quantitatifs de performance, constitué avant tout d’objectifs individuels à atteindre en organisant, de fait, une concurrence de réussite entre collègues d’une même entité. On n’a donc aucun intérêt à ce que les autres réussissent afin de ne pas se mettre en danger, en précarité potentielle.

Avant c’était le succès de l’équipe qui était valorisé. Toute l’équipe était récompensée équitablement. C’était une œuvre collective, une œuvre de vraie coopération. Si dans l’équipe il y avait des personnes qui avaient des problèmes, faisaient des erreurs, toute l’équipe soutenait et aidait les personnes.

Ces nouveaux modes de contrôle et de mise en concurrence constante ont cassé le collectif, ont cassé les modes de contestation. Maintenant les salariés se taisent et encaissent sans un mot, sinon le système se retourne contre eux : on peut aussi devenir le bouc émissaire de son équipe.
Les salariés sont comparables à des moutons car ils ont peur. A qui profite le système ? Certainement pas aux salariés…

Ainsi le contexte est celui d’une hostilité continue entre chacun, qui brade la qualité du travail au profit de la quantité, qui est source de solitude, de malaise, de peur et de beaucoup de souffrance pour bon nombre de salariés.

La priorité de la CFE-CGC est de réconcilier l’entreprise et les salariés.

Declaration CE 04062014 V2

 

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