Déclaration CFE-CGC au CE du 18 Février 2016

Le calendrier a donc fixé au 18 Février notre deuxième séance de comité d’entreprise de l’année 2016. Qu’a donc cette date de si particulier et comment faire le lien avec notre ordre du jour ?

Tout d’abord, le 18 Février, nous fêtons les Bernadette. La plus connue d’entre elles, une sainte femme, a eu plusieurs apparitions divines dans la grotte de Lourdes. Et à TDF, nous sommes toutes des Bernadette. En effet,  comme le dit Michel Audiard « La justice, c’est comme la Sainte Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s’installe ».

Et des doutes, nous en avons encore après la réunion de la commission égalité Homme-Femme : les années se suivent et les constats évoluent peu dans le domaine :

  • Taux de féminisation des effectifs CDI à 22 % : « où sont les femmes ? » nous susurre Patrick Juvet ?
  • Elles sont d’abord en CDD en 2015 pour 46 % des recrutements de ce type. Dans le domaine, l’égalité est presque atteinte. Et sur les 33 nouveaux CDI, 14 s’appellent Madame.
  • Mais elles ne sont pas du tout dans certains comités de direction, comme celui des Achats, des Opérations, du Juridique. Dans ces contrées qui s’apparentent à un voyage en terre inconnue, le féminin de Directeur se nomme « la femme du Directeur » pour reprendre Pierre Desproges.
  • A l’opposé, elles communiquent, gèrent les ressources humaines et tiennent les cordons de la bourse. Une vraie bonne ménagère de l’entreprise notre Bernadette.
  • Elles sont pour beaucoup et depuis longtemps dans la catégorie ETAM, ces fameuses Employées Talentueuses Avec Modestie, à qui le privilège de l’âge et de l’ancienneté aura au moins conféré dans la catégorie C, un petit bénéfice salarial qui n’existe déjà plus en catégorie D.
  • Et pourtant, à bien y regarder, il y aurait potentiellement un créneau à prendre, un investissement rentable à développer… qui sait ? peut-être en reparlerons-nous lors de la prochaine négociation annuelle obligatoire ? Nous vous en faisons en tous cas la suggestion appuyée :
    • Bernadette coûte en effet moins de pépettes : 2.5 % d’écart de salaire (écart qui se creuse au passage) mais seulement 90 € en valeur absolue en moyenne nous dit-on ? Si peu nous sépare donc de l’égalité salariale : qu’est-ce qu’un petit geste RH au regard de l’atteinte d’un grand objectif d’entreprise, de société, d’idéal ?
    • Qui plus est, Bernadette n’est pas simplette : TDF lui consacre seulement 14 % des heures de formation et pourtant, en proportion, elle aura gagné plus de barrettes cette année (pour le peu distribué). Sans compter que 9,4 % d’entre elles (et 2,7 % des hommes) n’ont reçu aucune formation au cours des 3 dernières années.

Bernadette finalement ne devrait-elle pas être tout simplement l’homologue féminin de Bernard ?

Le 18 Février , et ce n’est pas une blague, est aussi la journée internationale du droit de grève pour sensibiliser les populations sur la nécessité d’en disposer comme d’un droit fondamental de moyen d’actions et d’expression collective, quand certains à l’organisation internationale du travail commençaient à le regarder d’un oeil torve. Alors oui, mobilisons-nous au moins en pensée et tels des Saint Bernard (hommage à notre effectif masculin cette fois), adoptons cette ambition de sauvegarde collective.

Heureusement que le CE ne se déroulait pas le 19 car la journée mondiale de la baleine aurait été un concept plus difficile à manier quoi que nous pourrions enchainer sur les espèces à protéger.

Le salarié TDFien en CDI va-t-il donc bientôt rejoindre cette longue liste des espèces en voie de disparition ? Regardons simplement l’évolution des ETP sur le deuxième semestre 2015 pour nous forger une idée : nous partîmes 1 540 en juillet, pour rentrer de vacances à 1 505 fin septembre et fêter Noël à 1 440. Une centaine de nos congénères a donc rejoint d’autres tribus.

Que conclure de cela ?

Le salarié TDFien serait-il menacé par la prestatairite aigue ? Le CDDisme galopant ? La sous-traitanceariose couperosée d’activités ?

C’est le moment de déposer un cierge à Sainte Bernadette (la revoilà !) invoquée pour guérir les maladies considérées parfois à tort comme incurables et d’agir en « militant » attentif. Nous vous écoutons donc religieusement Monsieur le Président pour en savoir un peu plus. Les baleines rajouteraient qu’elles sont tout ouïe car c’est assez !

About

View all posts by