Déclaration au CE du 20 Avril 2016

Et les salariés dans tout ça ?

A l’heure où certains citoyens rêvent de changer le monde en passant leur nuit debout, les salariés de TDF (à l’exception de quelques-uns qui veillent sur le réseau), se couchent et s’interrogent sur la considération qui leur est accordée.

Mais qu’est-ce que la considération après tout ? Pourquoi vouloir être considéré après, en moyenne, 23 ans de bons et loyaux services (30 ans pour le tiers des effectifs) ? La parfaite union n’est plus à démontrer quand on fête ses noces de Beryl (pour la page culturelle, il s’agit d’une pierre de couleur bleu-vert). Y aurait-il justement Beryl en la demeure ? Des inquiétudes à avoir ?

Il est vrai que cette belle maison TDF offre une activité riche et variée à des salariés passionnés par le travail en équipe réjouissant de réussite et d’entraide (équipes certes de plus en plus réduites), une certaine facilité d’accès à la formation, de multiples défis à relever et un sens de l’adaptation quotidiennement éprouvé.

Notre ami le petit Robert nous a alors poussés à nous interroger sur deux points.  Tout d’abord, considérer ses salariés revient à les faire entrer en ligne de compte dans les décisions :

  • Quand il s’agit de négocier un accord GPEC pour organiser des départs et faire baisser la masse salariale, ou bien encore des modalités d’accompagnement à un déménagement bouleversant la vie personnelle de certains, l’investissement est fait, il est vrai… pas complétement à la hauteur des attentes des salariés mais, en tant qu’organisation syndicale signataire, nous ne pouvons être que satisfaits. Certains projets de réorganisation comme le pilotage de la performance et le contrôle de gestion peuvent même être remarqués pour leur pertinence et la manière dont les salariés concernés en ont été informés. Des choses sont donc possibles.
  • Quand il s’agit de leur parler d’avenir, d’évolution de carrière, de les valoriser, le silence s’installe et seuls les faits parleront :
    • 308 salariés CDI partis en 3 ans.
    • o En 2015 et pour la première fois de l’histoire de TDF, les effectifs cadres sont les plus nombreux et le barycentre du salarié type se déplace vers la catégorie E quand les catégories C et D connaissent encore la plus forte baisse des effectifs.
    • CDD, externalisation du travail sous forme de régie, forfait, sous-traitance prennent leur place inexorablement. A ce propos, Monsieur Le Président, nous attendons toujours vos explications sur l’arbitrage entre le « make or buy »…
    • La jeunesse, nécessaire au renouvellement des troupes, ne s’invite à notre table qu’au moyen de ces contrats plus précaires. Quand ils ont la chance de rentrer par la grande porte du CDI, ils s’en vont rapidement voire renoncent dès la période d’essai.
    • Pourquoi ?

Ensuite, considérer ses salariés c’est aussi avoir une bonne opinion de ces derniers et leur accorder des égards.

· Vous n’êtes pas avare en la matière : dare-dare, vous sortez la fanfare et le gyrophare pour étaler des hectares de compliments et de remerciements. Dès le 5 avril 9h10, la boite à mails du Président s’est activée « Sans discontinuer, vous avez prouvé votre grand professionnalisme pour relever ce défi technologique. Une fois de plus, nous avons su gagner ce challenge et c’est grâce à vous », nous écriviez-vous.

· La boite à claques, elle, sera pour la NAO. Honnêtement :

o Eu égard à nos résultats financiers avec un flux de trésorerie opérationnelle disponible (free cash flow) de 159 Millions d’euros (soit + de 30 % du chiffre d’affaires) au 31/12/2015,
o Eu égard à une volonté affichée de privilégier une rémunération sous forme de prime non renouvelable et, de fait, promouvoir, une fois de plus, le gel des salaires,
o Eu égard à l’absence d’enveloppes budgétaires dédiées aux seules promotions, à la disparition du taux pivot garant d’une augmentation de salaire lors d’un changement de catégorie,
o Eu égard au fait que vous vous retranchez derrière un montant de participation qui reste une obligation légale et en aucun cas une volonté managériale, et un argument élastique nommée inflation,

Sommes-nous décalés à penser qu’autant d’égards en mots vous égare dans les faits, Monsieur le Président ?

A nouveau dans Les Echos, le 3 avril dernier, vous réaffirmez que tous les enjeux doivent tenir sur une fiche bristol. Nous allons vous remettre celle relative à la considération que vous accordez depuis plusieurs années à vos salariés.

L’enjeu est simple : la motivation de vos troupes car n’oubliez pas que la reconnaissance seule est le paiement du pauvre.

Nous vous prions néanmoins, de recevoir l’expression de notre considération suspendue à la suite des négociations.

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